mardi 10 novembre 2015

Mon (presque) premier Mokarran

Pour les non-initiés, ce n'est ni d'un gâteau à la crème de café, ni de la toute nouvelle édition limitée de capsules Nespresso... Non, nous parlons ici de gros, de lourd, de mythique... le Grand Requin Marteau, The Great Hammerhead Himself! Encore appelé Sphyrna Mokarran (mais seulement pour les intimes)

Mythique donc... Parce que, comme son nom l'indique, il est grand. Facilement 4m, avec une caractéristique particulière: sa grande nageoire dorsale, beaucoup plus longue que celle de son petit frère, le requin marteau halicorne que j'ai déjà rencontré pas mal de fois.
Mythique parce que super prédateur dans la famille des requins: d'ailleurs les requins gris ne s'y trompent pas et ont tendance à disparaître quand un Mokarran ou un tigre se baladent dans la passe. 
J'ai été très impressionnée, lors de mon précédent séjour, par une photo montrant un Mokarran ayant attrapé (et tué) un requin gris qui apparaît en travers de sa gueule... : quand on connaît la rapidité du requin gris, une seule chose à dire: Respect...
Pour les curieux: la photo est ici... https://johannmourier.wordpress.com/2012/10/31/trophic-interactions-at-the-top-of-the-coral-reef-food-chain/
 Mythique enfin parce que relativement rare... Trop pêché probablement (Grrrrrr). On en profite pour rappeler que 100 millions de requins sont massacrés chaque année par l'homme: oui, 100 MILLIONS :-(

Bref, Rangiroa, est un des endroits dans le monde où il est régulièrement observé, d'ailleurs la passe de Tiputa comprend un plateau appelé "le plateau aux marteaux". 
Et pourtant...lors de mon précédent séjour, malgré trois semaines à Rangi, de nombreuses plongées, de multiples traversées de passe et de survols du plateau aux marteaux... Nada, niente, nothing, pas de marteau! Beaucoups beaucoups de requins de toutes espèces et en particulier plusieurs rencontres de tigres plutôt moins courant que les marteaux ici, des marlins, des voiliers, des mantas, un mérou géant... J'en passe et des meilleures... Mais point de Mokarran, a tel point que c'était devenu une blague entre René et moi...
Blague qui persiste deux ans après... et pour tous les plongeurs du club, nouveaux comme anciens, je suis désormais LA personne avec qui on ne verra pas de Marteau si elle est dans la palanquée...

N'empêche que... un matin on fait le bleu, et le temps que la palanquée se mette en place a 15m, j'ai la vision fugace d'une énorme tête en forme de marteau arrivant derrière une plongeuse train de vider son masque en faisant un gros chapelet de bulles. Et comme chacun le sait les bulles, les bêbettes elles n'aiment pas trop ça... l'ombre remontée du fond disparait en un clin d'oeil et alors que l'image en forme de marteau arrive a peine à mon cerveau... J'ai été la seule a le voir et cela a été tellement fugace que je ne peux moralement pas inscrire ce premier Mokarran a mon tableau de chasse.

Mais quelques jours plus tard, là c'est autre chose... René et moi plongeons tous les deux par courant rentrant: toutes les conditions sont réunies pour faire la Traversée... Arrivée à la grotte aux requins, on est dans les 30m en observant le mur de gris qui défile à contre courant, une dizaine de mètres sous nos palmes en direction de la marche. Justement je regarde en direction de la marche quand j'entends René crier de manière insistante: je me retourne et là.... arrivant lentement au ras du sol, avec une nage ondulatoire si caractéristique...  Le temps qu'il arrive a notre niveau je suis redescendue de plusieurs mètres, d'ailleurs mon ordi se met a biper :-( . Peu importe, je profite de chacune de des quelques secondes, essaye de graver la moindre de ces caractéristiques, le moindre signe distinctif: attention à intensité maximale pendant 20s et plus rien d'autre n'existe autours de moi... Il est très clair et pas très grand -3m environ, sans doute une jeune pousse me dira René en sortant... Je n'arrive pas à voir ses yeux mais effectivement sa dorsale est très longue. Il nous ignore superbement, se dirige vers l'entrée de la passe et alors que je l'observe s'éloigner, je me rends compte que les gris qui étaient là quelques secondes plus tôt ont déserté la grotte au requins et se sont nettement éloignés.

Je fais le V de la victoire en regardant Renée, on se tape dans les mains et on arrête de lutter contre le courant pour se laisser dériver: Ca c'est fait, Tiputa qui m'avait offert mon premier Tigre en 2013, et m'offre mon premier Mokarran en 2015... fin de la malédiction

Vidéo de qualité médiocre mais qui immortalise un moment tant attendu :-)



vendredi 6 novembre 2015

Complètement à la bourre dans mes posts....

La faute au débit internet dans les Tuamotus: super leeeeeeeeeeeent... Carrément dégradé par rapport à il y a deux ans...
Mais encore pleins de choses à raconter sur terre et sous l'eau... Patience, patience ça arrive

mardi 3 novembre 2015

Chez Loyna comme chez soi

Ma pension cette année: tout est dans le titre

Loyna est chaleureuse et prend toujours le temps de papoter de tout et de rien. Chaque soir elle nous cuisine de bons petits plats et le repas commence systématiquement par du thon cru cuisiné de façons diverses et variées: Yummy! Son mi cuit de thon est juste parfait et s'accompagne très bien avec des frites de fruit d'arbre à pain (légèrement sucré... Délicieux).

La pension est composée de plusieurs bungalows dans un beau jardin plein de cocotiers. Le soir on entend le bruit des vagues côté océan: un beau bruit qui berce et aide à faire de beaux rêves de bleu..
La petite touche qui fait sourire: la salle de bain avec son sol en corail et la lunette des toilettes cabine téléphonique rouge très "London's calling": à croire que j'étais faite pour atterrir ici :-)





















Et les matins sont beaux! Ben oui le décalage horaire me permet d'apprécier les premières lueurs du jour, des heures qui me sont généralement inconnues...







Durant ma dizaine de jours ici, les pensionnaires arrivent et partent: Alexandre et Jeremy habitant Tahiti depuis quelques annees, qui me racontent la vie a la mode Polynesienne avec des plus et ses moins. Alexandre me donne des conseils pour choisir du vin ici, Jeremy raconte son arrivee, epique, en Polynesie.... Apres le premier thon cru que nous partageons, c'est comme si on se connaissait depuis des annees. Patrick et Margaret des parisiens avec qui je fais quelques plongees... tout ce petit monde se retrouve pour les repas, ca papote, ca rigole... la vie a la mode pension...

Et tout le monde est d'accord sur un point: les vélos que Loyna met à notre disposition: c'est super pratique... Mais l'état des vélos, leur poids, la rouille rajoutent un handicap supplémentaire, surtout quand on a le vent de face sur la route droite de Rangi qui permet de travailler à fond les muscles des cuisses: ça fait un peu comme quand on rajoute un poids supplémentaire à sa charge habituelle pendant une séance de Body Pump: on en bave mais on se dit que c'est bon pour les quadriceps



Un jeune photographe qui monte...

Petit retour en arrière, quelques heures seulement, quand on vient me chercher à ma pension pour la première à Rangi. C'est Vincent un nouveau moniteur du club. On papote on papote sur le chemin, cela fait 10mn qu'on discute quand j'apprends qu'avant il était à Tikeau...
- "Ah ouais? J'ai plongé là bas il y a deux ans, avec un moniteur qui faisait de la photo...
- Ah bon? Tu te rappelle de son nom?
- Je ne me souviens plus bien, mais il faisait vraiment de très belles photos
- Ben à Tikeau il n'y avait qu'un mec qui faisait de la photo et c'est moi...
...
...
Ooooops... Et là ça me revient
- Vincent!!!!! Mais oui bien sûr!
On est tous les deux un peu gênés... Je lâche un peu à l'aveuglette 
- Tu avais les cheveux plus long non?
- Oui je les ai coupé depuis"
OUF!!!!

Donc Vincent et Mélo, sa femme, sont les deux tous nouveaux moniteurs du club, tous les deux amoureux de la mer de la Polynésie, super gentils, accueillants et ne se prenant pas la tête, ni celle des autres. Et Vincent fait de très belles photos sous-marines. Déjà quelques contrats avec de belles marques, une quatrième de couverture pour le National Geographic, des couvertures de magazines de plongée dans différents pays (à quand la France?...), et dans quelques semaines une couverture de livre pour une bonnes cause...

Alors, comme on aime participer à la montée du buzz pour les copains, allez voir son site, et liker sa page Facebook 


Dauphins vus du bateau...

Atterrissage à Rangi à 11h30, première plongée à 13h30: c'est pas tout ça mais je ne suis pas venue pour enfiler des perles... 
Le club n'a pas changé et j'ai quasiment l'impression de revenir à la maison. Cyril et Jean-Jacques sont tous les deux retournés en France, mais René est toujours le même, comme si j'étais partie hier.

Départ pour la plongée, toujours 5mn de zodiac. Une des plongeuses aimerais voir les dauphins... Perso je prends requins, raies, dauphins... Ou autre. Ça fait deux ans que j'attends de replonger à Tiputa, il y a trois semaines je plongeais à Cherbourg... Alors n'importe quoi pour cette première, ça le fera. 

Alors que la plongeuse en question guette les dauphins alors que nous traversons la passe, René nous rappelle le célèbre dicton du cru: "dauphins vu du bateau, dauphins pas vu dans l'eau" et là PAF... Non pas le chien mais des ailerons juste à l'avant du bateau: un groupe des joyeux mammifères marins s'ébat juste devant nous... René invente un truc bidon qu'il aurait vu au large pour essayer de nous faire regarder ailleurs mais même avec la meilleure volonté du monde, difficile de ne pas les voir...

La plongée est, bien entendu, magnifique: le courant étant sortant, on fait le récif extérieur jusqu'à l'angle avec quelques incursions dans le bleu "pour voir ce qui passe". Les perches pagaies sont en période de reproduction donc elles tapissent le sol. Des bancs de poissons en rangs serrés: barracudas, balistes, lutjans, fusiliers... Les requins gris patrouillent tranquillement. Et tout ça dans une eau à 28°C
Rangiroa as usual. Pile poil comme dans mes souvenirs...
Mais... Pas de dauphins dans l'eau
Jusqu'à un passage éclair d'un groupe de 7: trois mères avec leur petit (ou plutôt leurs ados vu la taille) plus un dauphin tout seul. Ils passent tranquillement, comme d'hab on a l'impression que leur œil pétille et qu'ils sourient... Mais pas d'humeur joueuse, ils ne s'arrêtent pas pour faire des pirouettes et ne viennent pas nous chercher. Ce qui donne à peu près ça:

Alors que Dauphin pas vu du bateau, d'autres jours, ça donne ça... 
(Merci à Jo pour la vidéo, de mon côté photos et vidéos auront été une longue et douloureuse suite d'incidents divers et variés qui m'ont fait rater les meilleurs moments et pour avoir au final uniquement des films bof... Mais n'abordons pas les sujets qui fâchent...)