mardi 10 novembre 2015

Mon (presque) premier Mokarran

Pour les non-initiés, ce n'est ni d'un gâteau à la crème de café, ni de la toute nouvelle édition limitée de capsules Nespresso... Non, nous parlons ici de gros, de lourd, de mythique... le Grand Requin Marteau, The Great Hammerhead Himself! Encore appelé Sphyrna Mokarran (mais seulement pour les intimes)

Mythique donc... Parce que, comme son nom l'indique, il est grand. Facilement 4m, avec une caractéristique particulière: sa grande nageoire dorsale, beaucoup plus longue que celle de son petit frère, le requin marteau halicorne que j'ai déjà rencontré pas mal de fois.
Mythique parce que super prédateur dans la famille des requins: d'ailleurs les requins gris ne s'y trompent pas et ont tendance à disparaître quand un Mokarran ou un tigre se baladent dans la passe. 
J'ai été très impressionnée, lors de mon précédent séjour, par une photo montrant un Mokarran ayant attrapé (et tué) un requin gris qui apparaît en travers de sa gueule... : quand on connaît la rapidité du requin gris, une seule chose à dire: Respect...
Pour les curieux: la photo est ici... https://johannmourier.wordpress.com/2012/10/31/trophic-interactions-at-the-top-of-the-coral-reef-food-chain/
 Mythique enfin parce que relativement rare... Trop pêché probablement (Grrrrrr). On en profite pour rappeler que 100 millions de requins sont massacrés chaque année par l'homme: oui, 100 MILLIONS :-(

Bref, Rangiroa, est un des endroits dans le monde où il est régulièrement observé, d'ailleurs la passe de Tiputa comprend un plateau appelé "le plateau aux marteaux". 
Et pourtant...lors de mon précédent séjour, malgré trois semaines à Rangi, de nombreuses plongées, de multiples traversées de passe et de survols du plateau aux marteaux... Nada, niente, nothing, pas de marteau! Beaucoups beaucoups de requins de toutes espèces et en particulier plusieurs rencontres de tigres plutôt moins courant que les marteaux ici, des marlins, des voiliers, des mantas, un mérou géant... J'en passe et des meilleures... Mais point de Mokarran, a tel point que c'était devenu une blague entre René et moi...
Blague qui persiste deux ans après... et pour tous les plongeurs du club, nouveaux comme anciens, je suis désormais LA personne avec qui on ne verra pas de Marteau si elle est dans la palanquée...

N'empêche que... un matin on fait le bleu, et le temps que la palanquée se mette en place a 15m, j'ai la vision fugace d'une énorme tête en forme de marteau arrivant derrière une plongeuse train de vider son masque en faisant un gros chapelet de bulles. Et comme chacun le sait les bulles, les bêbettes elles n'aiment pas trop ça... l'ombre remontée du fond disparait en un clin d'oeil et alors que l'image en forme de marteau arrive a peine à mon cerveau... J'ai été la seule a le voir et cela a été tellement fugace que je ne peux moralement pas inscrire ce premier Mokarran a mon tableau de chasse.

Mais quelques jours plus tard, là c'est autre chose... René et moi plongeons tous les deux par courant rentrant: toutes les conditions sont réunies pour faire la Traversée... Arrivée à la grotte aux requins, on est dans les 30m en observant le mur de gris qui défile à contre courant, une dizaine de mètres sous nos palmes en direction de la marche. Justement je regarde en direction de la marche quand j'entends René crier de manière insistante: je me retourne et là.... arrivant lentement au ras du sol, avec une nage ondulatoire si caractéristique...  Le temps qu'il arrive a notre niveau je suis redescendue de plusieurs mètres, d'ailleurs mon ordi se met a biper :-( . Peu importe, je profite de chacune de des quelques secondes, essaye de graver la moindre de ces caractéristiques, le moindre signe distinctif: attention à intensité maximale pendant 20s et plus rien d'autre n'existe autours de moi... Il est très clair et pas très grand -3m environ, sans doute une jeune pousse me dira René en sortant... Je n'arrive pas à voir ses yeux mais effectivement sa dorsale est très longue. Il nous ignore superbement, se dirige vers l'entrée de la passe et alors que je l'observe s'éloigner, je me rends compte que les gris qui étaient là quelques secondes plus tôt ont déserté la grotte au requins et se sont nettement éloignés.

Je fais le V de la victoire en regardant Renée, on se tape dans les mains et on arrête de lutter contre le courant pour se laisser dériver: Ca c'est fait, Tiputa qui m'avait offert mon premier Tigre en 2013, et m'offre mon premier Mokarran en 2015... fin de la malédiction

Vidéo de qualité médiocre mais qui immortalise un moment tant attendu :-)



vendredi 6 novembre 2015

Complètement à la bourre dans mes posts....

La faute au débit internet dans les Tuamotus: super leeeeeeeeeeeent... Carrément dégradé par rapport à il y a deux ans...
Mais encore pleins de choses à raconter sur terre et sous l'eau... Patience, patience ça arrive

mardi 3 novembre 2015

Chez Loyna comme chez soi

Ma pension cette année: tout est dans le titre

Loyna est chaleureuse et prend toujours le temps de papoter de tout et de rien. Chaque soir elle nous cuisine de bons petits plats et le repas commence systématiquement par du thon cru cuisiné de façons diverses et variées: Yummy! Son mi cuit de thon est juste parfait et s'accompagne très bien avec des frites de fruit d'arbre à pain (légèrement sucré... Délicieux).

La pension est composée de plusieurs bungalows dans un beau jardin plein de cocotiers. Le soir on entend le bruit des vagues côté océan: un beau bruit qui berce et aide à faire de beaux rêves de bleu..
La petite touche qui fait sourire: la salle de bain avec son sol en corail et la lunette des toilettes cabine téléphonique rouge très "London's calling": à croire que j'étais faite pour atterrir ici :-)





















Et les matins sont beaux! Ben oui le décalage horaire me permet d'apprécier les premières lueurs du jour, des heures qui me sont généralement inconnues...







Durant ma dizaine de jours ici, les pensionnaires arrivent et partent: Alexandre et Jeremy habitant Tahiti depuis quelques annees, qui me racontent la vie a la mode Polynesienne avec des plus et ses moins. Alexandre me donne des conseils pour choisir du vin ici, Jeremy raconte son arrivee, epique, en Polynesie.... Apres le premier thon cru que nous partageons, c'est comme si on se connaissait depuis des annees. Patrick et Margaret des parisiens avec qui je fais quelques plongees... tout ce petit monde se retrouve pour les repas, ca papote, ca rigole... la vie a la mode pension...

Et tout le monde est d'accord sur un point: les vélos que Loyna met à notre disposition: c'est super pratique... Mais l'état des vélos, leur poids, la rouille rajoutent un handicap supplémentaire, surtout quand on a le vent de face sur la route droite de Rangi qui permet de travailler à fond les muscles des cuisses: ça fait un peu comme quand on rajoute un poids supplémentaire à sa charge habituelle pendant une séance de Body Pump: on en bave mais on se dit que c'est bon pour les quadriceps



Un jeune photographe qui monte...

Petit retour en arrière, quelques heures seulement, quand on vient me chercher à ma pension pour la première à Rangi. C'est Vincent un nouveau moniteur du club. On papote on papote sur le chemin, cela fait 10mn qu'on discute quand j'apprends qu'avant il était à Tikeau...
- "Ah ouais? J'ai plongé là bas il y a deux ans, avec un moniteur qui faisait de la photo...
- Ah bon? Tu te rappelle de son nom?
- Je ne me souviens plus bien, mais il faisait vraiment de très belles photos
- Ben à Tikeau il n'y avait qu'un mec qui faisait de la photo et c'est moi...
...
...
Ooooops... Et là ça me revient
- Vincent!!!!! Mais oui bien sûr!
On est tous les deux un peu gênés... Je lâche un peu à l'aveuglette 
- Tu avais les cheveux plus long non?
- Oui je les ai coupé depuis"
OUF!!!!

Donc Vincent et Mélo, sa femme, sont les deux tous nouveaux moniteurs du club, tous les deux amoureux de la mer de la Polynésie, super gentils, accueillants et ne se prenant pas la tête, ni celle des autres. Et Vincent fait de très belles photos sous-marines. Déjà quelques contrats avec de belles marques, une quatrième de couverture pour le National Geographic, des couvertures de magazines de plongée dans différents pays (à quand la France?...), et dans quelques semaines une couverture de livre pour une bonnes cause...

Alors, comme on aime participer à la montée du buzz pour les copains, allez voir son site, et liker sa page Facebook 


Dauphins vus du bateau...

Atterrissage à Rangi à 11h30, première plongée à 13h30: c'est pas tout ça mais je ne suis pas venue pour enfiler des perles... 
Le club n'a pas changé et j'ai quasiment l'impression de revenir à la maison. Cyril et Jean-Jacques sont tous les deux retournés en France, mais René est toujours le même, comme si j'étais partie hier.

Départ pour la plongée, toujours 5mn de zodiac. Une des plongeuses aimerais voir les dauphins... Perso je prends requins, raies, dauphins... Ou autre. Ça fait deux ans que j'attends de replonger à Tiputa, il y a trois semaines je plongeais à Cherbourg... Alors n'importe quoi pour cette première, ça le fera. 

Alors que la plongeuse en question guette les dauphins alors que nous traversons la passe, René nous rappelle le célèbre dicton du cru: "dauphins vu du bateau, dauphins pas vu dans l'eau" et là PAF... Non pas le chien mais des ailerons juste à l'avant du bateau: un groupe des joyeux mammifères marins s'ébat juste devant nous... René invente un truc bidon qu'il aurait vu au large pour essayer de nous faire regarder ailleurs mais même avec la meilleure volonté du monde, difficile de ne pas les voir...

La plongée est, bien entendu, magnifique: le courant étant sortant, on fait le récif extérieur jusqu'à l'angle avec quelques incursions dans le bleu "pour voir ce qui passe". Les perches pagaies sont en période de reproduction donc elles tapissent le sol. Des bancs de poissons en rangs serrés: barracudas, balistes, lutjans, fusiliers... Les requins gris patrouillent tranquillement. Et tout ça dans une eau à 28°C
Rangiroa as usual. Pile poil comme dans mes souvenirs...
Mais... Pas de dauphins dans l'eau
Jusqu'à un passage éclair d'un groupe de 7: trois mères avec leur petit (ou plutôt leurs ados vu la taille) plus un dauphin tout seul. Ils passent tranquillement, comme d'hab on a l'impression que leur œil pétille et qu'ils sourient... Mais pas d'humeur joueuse, ils ne s'arrêtent pas pour faire des pirouettes et ne viennent pas nous chercher. Ce qui donne à peu près ça:

Alors que Dauphin pas vu du bateau, d'autres jours, ça donne ça... 
(Merci à Jo pour la vidéo, de mon côté photos et vidéos auront été une longue et douloureuse suite d'incidents divers et variés qui m'ont fait rater les meilleurs moments et pour avoir au final uniquement des films bof... Mais n'abordons pas les sujets qui fâchent...)



samedi 31 octobre 2015

Retour à Rangiroa

Ce qui est bien avec le décalage horaire c'est que même si on n'est pas du matin, on se réveille comme une fleur très très tôt, avant même le soleil... 
Et pourtant il se lève tôt ici le soleil.... Et pourtant je ne suis pas vraiment "du matin"...

Cela me donne plein de temps pour retraverser Moorea, reprendre le ferry pour Tahiti pour aller prendre mon avion pour Rangi. Au passage, mon chauffeur de taxi, Justin, insiste pour que je prenne son numéro de téléphone: c'est pour mon prochain voyage en Polynésie, quand j'irais aux Marquises, il faut que je l'appelle parce que son frère peut me loger... Oui c'est dingue les contacts qu'on peut nouer ici, le temps d'une course de taxi de 12mn :-)

Comme d'hab, l'enregistrement des bagages est... l'occasion de pas mal de discussions, voire de negociations, et comme dans chaque negociation il faut donner un peu: le surpoids passe mais les palmes devront voyager en soute: J'insiste sur leur cote "fragile et delicat" et les voila dotees d'un bel autocollant...




Bon et maintenant que l'etape des bagages est passee, je peux savourer chaque minute de mon vol, du moment où nous dirigeons vers notre ATR qui nous attend sur le tarmac, jusqu'à l'arrivée: elle se fait côté Avatoru, dommage j'aurais bien aimé survoler la passe de Tiputa... Pas grave ma première plongee est programmée 1h30 après mon atterrissage, je n'aurais donc pas trop à attendre :-)



vendredi 30 octobre 2015

Jeux d'enfants

Second objectif de cette journée à Moorea: la sortie "PMT baleine". Comme il y a deux ans c’est avec Henri, et deux de ses moniteurs que nous sortons, Christophe et Antony. Approche très respectueuse, beaucoup d’explications sur les habitudes et le mode de vie des baleines à bosses ou mégaptères (pour leurs très grandes  nageoires pectorales bordées de blanc). 
Trois scenarii possibles :
  1. La baleine qui se repose au fond et remonte toute les demi-heures à la surface pour respirer: pas mal
  2. Le groupe de plusieurs baleines, une femelle et plusieurs males qui se concurrencent, pas idéal pour l’observation en PMT car elles se déplacent… et suivre une baleine qui se déplace est cause perdue même pour un champion de la palme
  3. La baleine et le baleineau : là c’est bingo. En général, la maman se cale immobile à 20/30m de fond et remonte respirer toutes les 15/20mn, mais le baleineau, lui, a besoin de respirer toutes les 3/4 mn et remonte beaucoup plus souvent. On peut alors l’observer et le laisser venir à nous sans se montrer intrusif. Et alors il prend confiance et se met à jouer en se rapprochant de plus en plus. Il faut alors ne surtout pas commettre l’erreur de le suivre car, le baleineau, tel un jeune chien fou, va s’éloigner de plus en plus de sa mère, jusqu’à dépasser la distance que maman juge acceptable… Et passer dans une zone que maman baleine ne juge plus acceptable… ben… je vous laisse juger si c’est quelque chose que vous voudriez tester…
Le bateau navigue pendant toutes ces explications, nous sommes une dizaine à bord et nous nous mettons tous à scruter l’horizon… pas pour longtemps. 15 mn après notre départ, signes entendus entre Henri et Anthony : souffle repéré… et même DEUX souffles, un grand un petit : bingo ! Maman mégaptère et son baleineau J

Anthony part en éclaireur, nous fait signe, on se met tous à l’eau sans précipitation, sans faire de bruit, on nage vers Anthony. J’ai les yeux rivés vers le fond, j’arrive à distinguer la forme de la mère immobile au fond. Christophe me saisit le bras et m’arrache à ma contemplation, pointe le doigt vers la surface et là… à 10m devant moi…


Le BALEINAU ! Je l’avais presque oublié ! Il s’ébat juste sous la surface devant nous, il se tortille, nous montre son ventre tout blanc, agite ses nageoires, la queue… il s’amuse ! Je n’arrive pas à en croire mes yeux. Cela se passe juste devant moi ! Une telle scène, on en rêve, on se doute que cela existe… mais vivre cette scène en REEL…  J'avais dejà eu la chance de voir des baleines dans l'eau, mais une telle interaction... jouer avec un baleineau... ca n'arrive que dans les films non?


Et ce qui doit arriver arrive… comme il vient nous chercher, on se met à le suivre, nous aussi comme des jeunes chiens fous… et là la maman remonte, pas trop contente passe  5m sous nos palmes sans faire surface, récupère le jeune chien fou au passage et fonce droit devant. Aucun mouvement brusque, aucun signe visible d’agressivité… mais nous nous regardons tous penauds, avec un sentiment de vague culpabilité : grisé par l’enthousiasme on s’est un peu oubliés… Pas d’excuse, bien sûr… mais quand on vous met un baleineau devant le nez, qu’il se tortille devant vous, on peut rapidement oublier la raison et se laisser emporter L

D’ailleurs Henri nous rappelle du bateau, nous fait remonter et nous explique gentiment qu’on a fait quelque chose de pas bien… on a suivi le baleineau…  Ce n’est pas bien parce qu’éloigner un baleineau de sa mère peut le conduire à se perdre… et si le baleineau ne retrouve pas sa mère… ben il meurt !

On est mortifiés … Personne ne moufte et après l’euphorie, c’est la culpabilité… de s’être comportés comme  des bœufs de touristes qui consomment de la prestation sans respect et qui s’octroient tous les droits, y compris celui de jouer avec la nature sans la respecter…

Henri se radoucit et ajoute que c’est dommage parce que la maman, pas contente, a du filer et doit déjà être loin… et alors qu’il dit cela un souffle puissant, puis un deuxième beaucoup plus petit apparaissent à l’avant à 30m du bateau : on est tombés sur une maman compréhensive qui est finalement restée nous laisse une seconde chance. Henri demande d’attendre un peu et observe le comportement des animaux : il veut laisser le temps à la baleine de se calmer (et je le suspecte de nous laisser mariner un peu… ).

Puis de nouveau le feu vert : cette fois-ci on reste tous groupés au-dessus de la maman immobile au fond, et on laisse le baleineau venir à nous… et c’est un festival pendant l’heure qui suit : c’est au tour du baleineau d’être penaud puisque quand il fait mine de s’éloigner, personne ne le suit… du coup il revient de lui-même, se rapproche, s’agite, vient presque au contact, à un moment, je manque même de me prendre un coup de caudale alors qu’il vient faire une pirouette devant moi.
Régulièrement la mère remonte pour respirer mais doucement, sans intention de fuir, son comportement n’a plus rien a voir avec sa première remontée. Elle en profite pour retrouver son baleineau, tous les deux se frôlent pendant quelques minutes et la baleine, rassurée retourne se poster au fond alors que sa progéniture continue de jouer




Apres deux heures, il faut rentrer, laisser à regret ce jeune chien fou, qui pourtant continue à battre la surface de ses nageoires, alors que nous sommes remontés sur le bateau…

OH MY GOD!!!


Quel afflux d’émotions! Et cela ne fait pas 12h que je suis ici...






jeudi 29 octobre 2015

Un scooter et une paire de palme pour un pelerinage

Deux objectifs pour cette premiere journee: une longue ballade a scooter autours de l'ile et une sortie PMT pour aller nager avec les baleines. Qui dit PMT dit P... comme Palmes. Et c'est donc avec mes cheres Quattro -2kg, 65cm de long- sur le dos que j'attaque le tour de l'ile en scooter... discretion assuree...


La grande question du jour: la realite est elle a la hauteur de mes souvenirs? Le pelerinage commence.
La route cotiere avec ses points de vue a tous les tournants

Tahiti tuoujours dans les nuages alors que le ciel s'ouvre a Mororea

La montee (rude pour pour pauvre petit scooter) pour admirer le panorama du belvedere: le Mont Rotui, encadre par les baies de Cook (a droite) et d'Opunohu (a gauche pour ceux qui ne suivent pas...).



Dejeuner sous les palmiers en bord de plage: grande emotion de manger ce premier thon cru au lait de coco de mon sejour (mais certianement pas le dernier) avec un vrai jus d'ananas qui a VRAIMENT un gout d'ananas.
Le chant des oiseaux exotiques, la chaleur un peu moite, les odeurs de fleur de tiare... tout me revient et cette journee sent le rechauffe... mais le rechauffe genre cassoulet: encore plus savoureux que la premiere fois. Et non, en ce moment je n'ai pas une furieuse envie de cassoulet, bien au contraire...
Mais la realite est bien a la hauteur de mes souvenirs et cela fait juste un bien fou


mercredi 28 octobre 2015

(Re) Prise de repères à Moorea

Valise à la consigne transfert à l'embarcadère. Direction Moorea. La pluie s'est arrêté: superbe vue de Tahiti dans les nuages pendant la traversée.



Une baleine saute au loin, les dauphins nous accueillent à l'entrée du lagon. Transition douce qui recale les choses: j'avais oublié la réalité d'être ici...

Arrivée à Moorea: toujours aussi verte et une atmosphère un peu hors du temps qui fait se sentir bien dès le débarquement 



mercredi 21 octobre 2015

5h du mat

... j'ai des frissons (Pour les initiés). 

Impression d'avoir vécu dans un monde parallèle pendant les dernières 24h. Une dimension où le coucher de soleil dure huit heures (il y a pire), où pour aller au sud-ouest on passe par le pôle nord, où on reste assis à une place pendant des heures à être gavé de micro plats et de blockbusters sur un micro écran, où les gens qu'on croise seront tous éparpillés à des milliers de kilomètres dans quelques heures... 
Et où le temps est une chose relative: mais quelle heure est il à Paris, à Londres, à LA? J'ai totalement perdu le fil et les 20 et quelques heures de vol que je viens de faire ne m'aident pas à mettre les choses en ordre...

Mais le plus important... Ça y est la partie pas marrante des vacances se termine avec l'atterrissage à Papeete... ENFIN je suis dans la place!!!

Par contre... Il tombe des cordes 😒
Ça va être sympa le scooter à Moorea sous des trombes d'eau.... 
 

mercredi 16 septembre 2015

mardi 22 octobre 2013

Souvenirs de la passe de Fakarava Nord

Dernier montage: Fakarava Nord
Quelques plongées extraordinaires et quelques moments d'anthologie.
Un ballet d'une centaine de requins gris à la renverse du courant: alors que nous étions tranquillement installés en bordure d'une langue de sable ils sont arrivés vers nous par vagues, se déplaçant et virant devant nous dans un ensemble parfait... le tout dans une eau limpide d'un bleu profond.
Un manta qui me fonce dessus et fait une pirouette au dessus de moi
Découverte d'Ali-Baba une sorte de vallon au milieu de la passe: perches pagaies, poissons soldat, priacanthes, lutjans et autres en bancs compacts et requins gris et pointes blanches qui passent au milieu et s'énervent à l'occasion.
Il y a trois mois... et pourtant c'est comme si c'était hier

dimanche 13 octobre 2013

Souvenir de Fakarava: Tetamanu Village et le mur de requins de la passe Sud

Le trajet est long, mais le paradis mérite bien quelques heures d'avion/voiture/bateau :-) Et une fois sur place, on oublie tout

vendredi 6 septembre 2013

Souvenirs de Rangi

Impossible d'y échapper... le retour à Paris: beurk
Un moment j'ai bien pensé que l'état de grâce allait survivre au retour, avec le beau temps, des tas de retrouvailles, apéros, diners, souvenirs de vacances...  Mais le bruit, le monde, l'absence de cocotiers et de nuances de bleu s'imposent petit à petit à moi. Et une tendance à l'idée fixe ces jours-ci:
Mais qu'est-ce que je fous là????
Je sais, il est malvenu de se plaindre quand on revient de deux mois au paradis... faudrait quand même que je redescende de mon petit nuage. N'empêche, le blues est là, et ce n'est pas le bleu que je souhaiterais...
Une thérapie qui a fait ses preuves par le passé: le montage des films... Et bien sûr je commence par le meilleur: Rangi :-)  A regarder en HD de préférence bien sûr.
Un regret toutefois: les images ne sont pas à la hauteur de la réalité

mardi 27 août 2013

C'est pas fini....

Bon, on ne va pas se mentir... le retour pique un peu: fraicheur, manque de soleil, tout est gris, les gens font la gueule, il faut remettre des chaussures...
Et le décalage horaire est un peu violent (12h donc tout est inversé...).

Un moment, j'ai considéré l'option d'entrer en phase régressive et de me rouler en boule, par terre dans un coin, à sucer son pouce, en me lamentant sur son propre sort... mais tout compte fait, je pense plutôt me lancer dans un grand projet "souvenirs de voyages": entre les photos, les films, les histoires, les gens... il y a de quoi faire...

Et finir ce blog sur le départ de Papeete est un peu triste à mon goût...

Donc... rdv dans les jours qui viennent :-)

dimanche 25 août 2013

Partir pour mieux revenir


Et Pour une fois,les palmes de plus de 65cm, fixées au sac à dos, passent comme une lettre a la poste... 

Dernier coucher de soleil à Tahiti




Changement d'ile car décollage de très bonne heure demain, ferry jusqu'à Tahiti: je joue les figures de proue dans l'espoir de repérer un souffle











Une journée à ne rien faire... en fait, la première de tout mon séjour
Qui se termine par un dernier bain dans l'Océan Pacifique et un beau coucher de soleil sur Moorea

Close encounters of the BIG kind

Ma dernière immersion (en snorkelling) du séjour: sortie baleine. Dernier jour à Moorea, plongée sur Les Roses splendide le matin... allez on re-tente les baleines l'après-midi
J'en ai déjà faite une, deux jours avant.  On les a vues en surface, on a entendu leur chant, on en a vu une dans l'eau, en train de faire une pause, 20/30m plus bas, mais elle s'est éloignée au moment de faire surface... Pas de rencontre "proche" donc, mais je suis déjà contente d'avoir vu ma première baleine dans l'eau et une image me reste: immobile, tête en bas, en position inclinée à 45°, les longues nageoires en position semi-ouverte, les bordures extérieures de ces nageoires et les flancs blancs ressortant dans le bleu. Et quand elle s'est mise à nager... impression de calme et de déplacement lent, alors qu'elle était 10 fois plus rapide que nous. Et quelle taille!
Rebelote, on repart en bateau, à l'extérieur du lagon et on commence à scruter l'océan.
Henri
Moreto le moniteur cocktail a repéré un souffle

 On est chanceux, au bout de 5mn on aperçoit le fameux souffle un peu plus loin... suivi d'un second, puis d'un troisième: 3 pour le prix d'une! Henri est surpris: trois, ça veut dire une femelle et deux mâles... ça fait un mâle en trop et ça peut être explosif... or là elles ont l'air calmes et de bonne humeur: et c'est un festival de nageoires et de queues au dessus de la surface.
Puisqu'elles sont calmes et restent en surface, on se prépare à se mettre à l'eau: approche du bateau tout en douceur, pour ne pas les effrayer, nous sommes tous sur les bords du bateau, les palmes au pieds, le masque et le tuba en place. Quand Henri hurle, il y en a une juste là, elle passe. J'ai du bol, c'est de mon coté et effectivement je distingue une forme sombre dans l'eau...

Malgré l'excitation, je suis disciplinée et attend le OK pour se mettre à l'eau...
Et je sens alors Henri qui me pousse dans le dos: bon ça doit être le fameux OK, je me laisse glisser... tout devient bleu...
Et je tombe nez à nez avec ça!

Enfin façon de parler: la tête de la baleine est à 3m de moi, je vois son oeil et je me plait à penser qu'elle me regarde... d'un oeil bienveillant bien sûr, une baleine ne peut qu'être bienveillante... : pensée naïve, je l'admets mais on ne se refait pas. C'est énorme, c'est beau, c'est lent mais avec une vitesse de déplacement incroyable (parce qu'elle ne colle pas avec la lenteur des mouvements). Je suis tellement secouée que j'en oublie de filmer... et quand je me reprends enfin, elle a déjà pas mal avancé, ça bouge, c'est mal cadré... l'émotion. Ma nouvelle copine (tout est passé dans ce regard de 5 secondes) continue à avancer et amorce un plongeon vers les profondeurs, je regarde alors en dessous et vois, 10m plus bas, deux autres baleines tout aussi lentes et majestueuses.
Là encore: OH MY GOD! Quelle rencontre!

On recommence la manoeuvre plusieurs fois et pendant 1/2 heure c'est du grand spectacle et on est aux premières loges. Henri décide alors de laisser tranquille ce ménage à trois apparemment heureux et nous partons vers de nouveaux souffles. 


C'est là que j'apprends que la baleine à bosse (de son nom scientifique baleine mégaptère, en raison de ses longues nageoires pectorales) doit son nom commun au fait qu'elle est la seule à pouvoir s'immerger verticalement: pour se faire, elle arrive à "casser" son corps et apparait alors en surface... une bosse! Qui est suivie par la partie postérieure de son corps et la queue. La baleine à bosse réalise donc ce que nous autres plongeurs appelons un canard...
Alors je pose la question: pourquoi avons nous choisi le nom de "canard" alors qu'on aurait pu dire "s'immerger en baleine"???? C'est quand même plus marin non?! J'avoue penser sérieusement à une une requête à la Commission Technique Nationale de la Fédé sur le sujet...
Bref, chez ces baleines à bosse, seul le mâle chante, pour appeler une femelle, et il y a en général un mâle dominant, qui emballe toutes les femelles. Elles migrent en Polynésie entre juillet et novembre et viennent près du récif, à l'abris des prédateurs pour se reproduire, mettre bas et se reposer avec leur baleineaux. Chaque baleine a un motif sur la queue qui lui est propre: c'est comme ça qu'on les identifie et qu'on étudie leurs migrations. D'ailleurs Henri garde plein de photos et répertorie les baleines qu'il rencontre: un jour il a même identifié une baleine qu'il avait déjà rencontrée quatre ans plus tôt...

Ces poissons qui ne ressemblent à rien: rencontre d'une mite de mer

Il fait 30cm, ne nage pas, ne vole pas malgré ses ailes: il marche sur des petites pattes dissimulées sous son corps. Il n'est pas particulièrement beau, il est craintif et franchement on s'est tous dit qu'on venait de découvrir une mite de mer...
Mais en fait c'est un grondin volant
Il aura fallu une plongée sur Moorea, dans la passe, avec un visibilité bof bof, pour découvrir ce nouveau poisson pour moi
Vue de dessus
Vue de profil

samedi 24 août 2013

Des Roses Bleues


A mon arrivée, je glisse innocemment à Henri, qui tient le club de plongée, que si c’est possible, je ferais bien Les Roses, plongée recommandée par Cyril à Rangiroa. Henri, qui me confirme à l’occasion, que René l’a bien appelé pour lui annoncer mon arrivée (et là je me sens un peu comme une VIP J).
Et en arrivant pour la dernière plongée de mon séjour (sniff sniff), ma 800ième si j'en crois mon carnet de plongée: Bingo ! Ce matin on fait Les Roses! Je plonge avec un N3, Amaury, et un moniteur du club très sympa mais dont le nom me laisse songeuse: Mojito… Je n’ose pas demander confirmation, on va me prendre pour une poivrote, j’attends prudemment que des gens l'appellent, l'oreille aux aguets, en en déployant des trésors d’ingéniosité pour ne pas à avoir à prononcer son nom lorsque je m’adresse à lui… un peu comme quand on ne sait pas si on part sur une base tutoiement ou vouvoiement, en rencontrant quelqu’un pour la première fois...
Au final, son nom est Moreto.
Ma petite caméra de secours me fait faux bon, carte mémoire morte : oui je suis maudite… Mais grand merci à Amaury qui me passe l’intégralité de ses films et photos de la plongée: je ne m’attarderai donc pas sur sa flottabilité proche de celle de la poêle à frire (désolée pour ce coté LDP, c’est l’amertume de la fin proche du voyage).

Donc, Les Rose. Plongée superbe en raison du relief. La faune est loin d’être aussi fournie qu’aux Tuamotu, j’étais prévenue… Mais cette descente dans le bleu avec révélation progressive de ce jardin de Roses de corail dur à 45m, avec une visibilité d’enfer : à couper le souffle. Cerise sur le gâteau, le chant d’une baleine mâle appelant sa belle nous accompagne durant tout le début de plongée.
Descente sur Les Rose, un chant de baleine en fond sonore
Dès notre arrivée au fond : gros requin dormeur de 4/5m posé sur le corail et requin citron se ballade. On rencontre ensuite une tortue pas craintive et une raie aigle qui survole le récif. C’est beau et on s’attarderait bien dans ce beau jardin… mais les paliers commencent à monter… Remontée vers les canyons où nous devons retrouver le bateau.

Requin nourrice
Requin citron

C’est aussi un endroit où on doit a priori tomber sur des requins citron. Effectivement nous les trouvons… mais petite pointe d’agacement : ils tournent autours d’un bout sur lequel est attaché une boite remplie d’appâts: un bateau de plongée qui fait du feeding… Grrr. C’est interdit, ce n’est pas nécessaire (les requins citron sont curieux de nature et viennent voir les visiteur sans qu’on ai besoin de les stimuler)… Et comme ils sont là, nous n’aurons pas le plaisir de d’être surpris par leur rencontre au détour d’un canyon…
Pas d'autre choix que de les observer dans ces conditions... c'est rageant mais on doit faire avec: puisqu'ils sont là, on ne les trouvera pas dans les canyons. Ils 5: deux gros dans les 3/4m, a priori des femelles, et 3 plus petits, dans les 2/3m. De couleur olivatre, fuselés et souples, ils rasent le sol. Ils s'approchent près, pas timides les squales...  Dans ces occasions, on peut observer leurs yeux: petits et jaunes. Leur bouche est entrouverte sur des dents  mal rangées.  Oui, ils inspirent le respect, ne serait-ce que par leur taille, mais je n'arrive pas à les aimer comme les requins du bleu... je leur trouve un coté hyène... alors que dans le bleu on trouve le seigneur des océans... Mais c'est une vision toute personnelle...

Fin de plongée, paliers, et Amaury a du mal a tenir à 3m et passe de la poêle à frire au bouchon de champagne... ben c'est sûr, avec de l'air dans son gilet, quand on remonte... on accélère. Le moniteur cocktail lui a déjà donné un plomb et n'en a plus... Accroché à lui, les palmes en aérofreins, ll me regarde, interrogateur de ses grands yeux, d'un bleu curaçao... J'abandonne toute velléité pédagogique, enlève ma ceinture et la donne à Amaury, 1kg de plomb... Je me retrouve légère et doit faire mon palier poumons vides... pas top confort, mais on a fait une tellement belle plongée que ça m'est égal.
Et comme je récupère enfin des photos de moi en plongée et qu'il parait qu'on ne me voit pas assez... j'en profite, et me paye une minute de narcissisme ;-)