dimanche 25 août 2013

Close encounters of the BIG kind

Ma dernière immersion (en snorkelling) du séjour: sortie baleine. Dernier jour à Moorea, plongée sur Les Roses splendide le matin... allez on re-tente les baleines l'après-midi
J'en ai déjà faite une, deux jours avant.  On les a vues en surface, on a entendu leur chant, on en a vu une dans l'eau, en train de faire une pause, 20/30m plus bas, mais elle s'est éloignée au moment de faire surface... Pas de rencontre "proche" donc, mais je suis déjà contente d'avoir vu ma première baleine dans l'eau et une image me reste: immobile, tête en bas, en position inclinée à 45°, les longues nageoires en position semi-ouverte, les bordures extérieures de ces nageoires et les flancs blancs ressortant dans le bleu. Et quand elle s'est mise à nager... impression de calme et de déplacement lent, alors qu'elle était 10 fois plus rapide que nous. Et quelle taille!
Rebelote, on repart en bateau, à l'extérieur du lagon et on commence à scruter l'océan.
Henri
Moreto le moniteur cocktail a repéré un souffle

 On est chanceux, au bout de 5mn on aperçoit le fameux souffle un peu plus loin... suivi d'un second, puis d'un troisième: 3 pour le prix d'une! Henri est surpris: trois, ça veut dire une femelle et deux mâles... ça fait un mâle en trop et ça peut être explosif... or là elles ont l'air calmes et de bonne humeur: et c'est un festival de nageoires et de queues au dessus de la surface.
Puisqu'elles sont calmes et restent en surface, on se prépare à se mettre à l'eau: approche du bateau tout en douceur, pour ne pas les effrayer, nous sommes tous sur les bords du bateau, les palmes au pieds, le masque et le tuba en place. Quand Henri hurle, il y en a une juste là, elle passe. J'ai du bol, c'est de mon coté et effectivement je distingue une forme sombre dans l'eau...

Malgré l'excitation, je suis disciplinée et attend le OK pour se mettre à l'eau...
Et je sens alors Henri qui me pousse dans le dos: bon ça doit être le fameux OK, je me laisse glisser... tout devient bleu...
Et je tombe nez à nez avec ça!

Enfin façon de parler: la tête de la baleine est à 3m de moi, je vois son oeil et je me plait à penser qu'elle me regarde... d'un oeil bienveillant bien sûr, une baleine ne peut qu'être bienveillante... : pensée naïve, je l'admets mais on ne se refait pas. C'est énorme, c'est beau, c'est lent mais avec une vitesse de déplacement incroyable (parce qu'elle ne colle pas avec la lenteur des mouvements). Je suis tellement secouée que j'en oublie de filmer... et quand je me reprends enfin, elle a déjà pas mal avancé, ça bouge, c'est mal cadré... l'émotion. Ma nouvelle copine (tout est passé dans ce regard de 5 secondes) continue à avancer et amorce un plongeon vers les profondeurs, je regarde alors en dessous et vois, 10m plus bas, deux autres baleines tout aussi lentes et majestueuses.
Là encore: OH MY GOD! Quelle rencontre!

On recommence la manoeuvre plusieurs fois et pendant 1/2 heure c'est du grand spectacle et on est aux premières loges. Henri décide alors de laisser tranquille ce ménage à trois apparemment heureux et nous partons vers de nouveaux souffles. 


C'est là que j'apprends que la baleine à bosse (de son nom scientifique baleine mégaptère, en raison de ses longues nageoires pectorales) doit son nom commun au fait qu'elle est la seule à pouvoir s'immerger verticalement: pour se faire, elle arrive à "casser" son corps et apparait alors en surface... une bosse! Qui est suivie par la partie postérieure de son corps et la queue. La baleine à bosse réalise donc ce que nous autres plongeurs appelons un canard...
Alors je pose la question: pourquoi avons nous choisi le nom de "canard" alors qu'on aurait pu dire "s'immerger en baleine"???? C'est quand même plus marin non?! J'avoue penser sérieusement à une une requête à la Commission Technique Nationale de la Fédé sur le sujet...
Bref, chez ces baleines à bosse, seul le mâle chante, pour appeler une femelle, et il y a en général un mâle dominant, qui emballe toutes les femelles. Elles migrent en Polynésie entre juillet et novembre et viennent près du récif, à l'abris des prédateurs pour se reproduire, mettre bas et se reposer avec leur baleineaux. Chaque baleine a un motif sur la queue qui lui est propre: c'est comme ça qu'on les identifie et qu'on étudie leurs migrations. D'ailleurs Henri garde plein de photos et répertorie les baleines qu'il rencontre: un jour il a même identifié une baleine qu'il avait déjà rencontrée quatre ans plus tôt...

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