De passage pour une seule journée à Rangiroa en transit
pour Tikehau, elle saute sur l’occasion pour plonger sur une des passes les
plus célèbre au monde. Le problème est que sans le savoir, elle arrive LE jour
où nous avons les pires conditions de mer. Certes, cela fait deux jours que le
temps est gris et venteux: sur les photos on pourrait presque croire qu'on part plonger en Bretagne, un jour de mauvais temps...
Mais cet après-midi précis, en plus du temps de m..., la houle s’est levée
coté océan avec des vagues de 3 à 4 mètres. Marie-Amélie est un petit gabarit,
toute souriante quand nous passons la récupérer à son hôtel. Elle commence à
pâlir quand le van longe la passe et que nous observons la mer démontée, les
rouleaux qui viennent s’abattre sur le récif extérieur et les gerbes d’écume
qui volent. Juste avant de monter dans le zodiac, elle nous avoue avoir peur en
bateau et être sujette au mal de mer. Chacun y va de sa parole rassurante. Puis le bateau part, le passage de la passe est musclé et déjà
Marie-Amélie change de couleur. Mais, cela devient bien pire coté océan :
la mer est VRAIMENT démontée, bien plus que les jours précédents… et c’est
VRAIMENT impressionnant quand le zodiac se trouve au creux des vagues :
impression qu’un mur d’eau de 4m se dresse devant nous et va nous tomber
dessus, gerbes d’eau qui viennent nous fouetter le visage… heureusement, notre
pilote est bon. Marie-Amélie ferme les yeux, pousse des petits cris, et est à présent toute grise virant
sur le jaune. Elle plonge, seule avec Cyril qui doit bien s’occuper d’elle.
Nous nous mettons tous à l’eau et chaque palanquée fait sa plongée. De retour
sur le bateau, nous trouvons Marie-Amélie, désormais verte, les yeux fermés,
affalée sur le boudin, comme désarticulée, et le visage tourné vers l’extérieur. Cyril essaye de lui
parler mais elle ne l’entend pas. Manque de bol, leur plongée n’a duré que 23mn
alors que la notre a duré 1h: et, bien sûr, le bateau a dû rester sur place tant que nous étions dans l'eau . Ils ont donc dû nous attendre sur le
bateau, sur la mer démontée pendant 37 longues minutes alors que les 5mn de
navigation à l’aller avaient déjà été une torture pour Marie-Amélie… Ce qui explique pourquoi elle est si mal en point. De retour au club,
on s’occupe de ses affaires pendant qu’elle va s’asseoir sur le sol, la tête
dans les mains et l’échine courbée… elle fit vraiment peine à voir. Une
demi-heure plus tard, elle parle de nouveau. Elle est toujours blafarde mais
arrive à sourire et à dire qu’elle a quand même apprécié sa plongée… Mais bon,
nous nous sommes tous dit, quand elle est partie, que le nom Rangiroa, qui normalement allume les yeux de tous les plongeurs, sera le pire souvenir de plongée de Marie-Amélie.
Quoique… quand je lui ai suggéré de prendre du Mercalm
pour ses prochaines navigations elle m’a dit en avoir déjà pris 2 comprimés
avant de venir… Normalement ½ à 1 Mercalm, et c’est le miracle pour les plus
sensibles… donc elle doit vraiment être sensible au mal de mer Marie-Amélie.
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