jeudi 15 août 2013

Pauvre Marie-Amélie


De passage pour une seule journée à Rangiroa en transit pour Tikehau, elle saute sur l’occasion pour plonger sur une des passes les plus célèbre au monde. Le problème est que sans le savoir, elle arrive LE jour où nous avons les pires conditions de mer. Certes, cela fait deux jours que le temps est gris et venteux: sur les photos on pourrait presque croire qu'on part plonger en Bretagne, un jour de mauvais temps...

Mais cet après-midi précis, en plus du temps de m..., la houle s’est levée coté océan avec des vagues de 3 à 4 mètres. Marie-Amélie est un petit gabarit, toute souriante quand nous passons la récupérer à son hôtel. Elle commence à pâlir quand le van longe la passe et que nous observons la mer démontée, les rouleaux qui viennent s’abattre sur le récif extérieur et les gerbes d’écume qui volent. Juste avant de monter dans le zodiac, elle nous avoue avoir peur en bateau et être sujette au mal de mer. Chacun y va de sa parole rassurante. Puis le bateau part, le passage de la passe est musclé et déjà Marie-Amélie change de couleur. Mais, cela devient bien pire coté océan : la mer est VRAIMENT démontée, bien plus que les jours précédents… et c’est VRAIMENT impressionnant quand le zodiac se trouve au creux des vagues : impression qu’un mur d’eau de 4m se dresse devant nous et va nous tomber dessus, gerbes d’eau qui viennent nous fouetter le visage… heureusement, notre pilote est bon. Marie-Amélie ferme les yeux, pousse des petits cris, et est à présent toute grise virant sur le jaune. Elle plonge, seule avec Cyril qui doit bien s’occuper d’elle. Nous nous mettons tous à l’eau et chaque palanquée fait sa plongée. De retour sur le bateau, nous trouvons Marie-Amélie, désormais verte, les yeux fermés, affalée sur le boudin, comme désarticulée, et le visage tourné vers l’extérieur. Cyril essaye de lui parler mais elle ne l’entend pas. Manque de bol, leur plongée n’a duré que 23mn alors que la notre a duré 1h: et, bien sûr, le bateau a dû rester sur place tant que nous étions dans l'eau . Ils ont donc dû nous attendre sur le bateau, sur la mer démontée pendant 37 longues minutes alors que les 5mn de navigation à l’aller avaient déjà été une torture pour Marie-Amélie… Ce qui explique pourquoi elle est si mal en point. De retour au club, on s’occupe de ses affaires pendant qu’elle va s’asseoir sur le sol, la tête dans les mains et l’échine courbée… elle fit vraiment peine à voir. Une demi-heure plus tard, elle parle de nouveau. Elle est toujours blafarde mais arrive à sourire et à dire qu’elle a quand même apprécié sa plongée… Mais bon, nous nous sommes tous dit, quand elle est partie, que le nom Rangiroa, qui normalement allume les yeux de tous les plongeurs, sera le pire souvenir de plongée de Marie-Amélie.
Quoique… quand je lui ai suggéré de prendre du Mercalm pour ses prochaines navigations elle m’a dit en avoir déjà pris 2 comprimés avant de venir… Normalement ½ à 1 Mercalm, et c’est le miracle pour les plus sensibles… donc elle doit vraiment être sensible au mal de mer Marie-Amélie.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire